La rencontre d’un conjoint est toujours une entreprise faite de curiosité et de crainte. De curiosité parce que cet autre est étranger à soi, on ne sait pas de quoi il est fait. Il constitue la réponse à un secret espoir de complétude de soi. Une promesse de trouver enfin quelqu’un qui nous permettra de vivre une expérience connue antérieurement et bienfaisante, de déjà vue à l’époque où nous vivions un mode fusionnel où la satisfaction de nos besoins étaient immédiate dans le sein maternel, puis dans les premières années de vie avons établi un lien d’attachement sécurisant auprès de notre mère. Un lien permettant d’être naturellement en confiance, vivre des moments créatifs où tout peut arriver, permettre d’être ce que l’on désire au plus profond de soi en compagnie intime avec l’autre.
Cet autre constitue donc une promesse de répondre à des besoins. Il engendre une attente de haute signification et donnant pleinement sens à notre vie. Nous retrouvons cette expérience quasi sacrée de l’autre notamment lorsque nous vivons une passion amoureuse faite d’un désir irrépressible de toucher, d’être toucher, d’aimer, d’être aimé par cet autre et se donner totalement. Or cette rencontre amoureuse pleine suscite toujours des peurs. Parce qu’elle implique une intimité profonde de soi où les frontières psychologiques s’interpénètrent par le biais de la mise en commun de nos univers fantasmatiques sexuels et de complétude. Certains peuvent craindre même d’être sous le pouvoir de l’autre, soumis, infantilisé, voir d’être avalé. Dès lors s’installe un ensemble de comportements de protection (voir article sur ‘’La peur de l’autre’’) visant à maintenir l’autre à une juste distance afin de permettre la rencontre. Je vous invite à lire l’article "La peur de l’autre " .

Je vous rejoins complètement dans vos propos. Cette frontière est essentielle. Encore faut il qu’elle soit acceptée par les deux !
Je ne pense pas qu’elle serve uniquement à se protéger d’un quelconque échec. Elle est là surtout pour nous rappeler que nous sommes des individus avant de former un couple.
Il faut en effet passer le cap de vouloir revivre le bien être de la toute petite enfance pour en connaitre un autre, différent, certes, mais tellement plus équilibrant que la dépendance à l’autre !