Un concept utilisé à la Cour

Le concept du lien d’attachement provient du psychanalyste John Bowlby et de sa collaboratrice psychologue Mary Salter Ainsworth. L’importance de l’attachement dans le développement de l’enfant est venue du fait qu’au début du siècle les psychanalystes donnaient trop d’importance au développement psychique interne, aux fantasmes, aux pulsions agressives et sexuelles et insuffisamment aux comportements négligents de la mère, du père, de l’alimentation inadéquate, etc. pour expliquer les difficultés de développement de l’enfant. Vous allez me dire que cela va de soi que les facteurs de l’environnement et matériel déterminent le devenir d’une personne, mais cela ne va pas de soi. Comment explique-t-on alors que deux jumeaux d’une même famille se développent différemment. Les facteurs internes de la personnalité sont déterminants. Quoi qu’il en soit au fil des années les psychanalystes et les défenseurs de l’approche du lien d’attachement s’affrontent afin de prouver que leur approche explique mieux les comportements humains et indique ce qu’il faut faire avec les enfants en difficulté. Or actuellement, l’approche du lien d’attachement s’impose devant les Tribunaux parce qu’elle se prête mieux à la recherche scientifique. Ceci ne voulant pas dire qu’elle a plus raison. Tant et si bien que si on doit répondre devant le Tribunal de la Jeunesse d’allégations de négligences parentales à cause d’une consommation de drogue, d’abus sexuels, de violence envers l’enfant, de querelles incessantes entre les parents, le Tribunal voudra savoir qu’elle est votre lien d’attachement à votre enfant afin de déterminer si vous êtes en mesure de répondre au développement psychologique de votre enfant. On peut se demander qu’est ce qu’un lien d’attachement ?
Le lien d’attachement se définit par comment un enfant établit sa relation avec son premier objet sécurisant qu’est généralement la mère et ou la personne qui répond à ses besoins de base tels que son alimentation, sa propreté, les gestes parentaux sécurisants (les caresses, le prendre dans ses bras lorsqu’il pleure, ne pas le laisser seul dans le noir, etc.). François Dolto disait que durant la première année de vie la mère est bicéphale (deux têtes) indiquant ainsi que le père s’occupant de l’enfant est perçu comme le prolongement de la mère.
L’enfant a besoin de se sentir deviné dans ses besoins avant même qu’il les exprime. De sorte, qu’un lien d’attachement sécurisant est difficile à définir dans ses subtilités. Comment expliquer la chimie qui existe dans un couple de patineurs artistiques faisant la démonstration unique de toute la grâce, la beauté avec sans-faute de surplus. Ce couple doit non seulement se deviner à chaque instant, mais éprouver un amour l’un pour l’autre, un désir de vivre ce moment ensemble. Il en est de même entre la mère et l’enfant.
Ces moments de grâce entre la mère et l’enfant n’existent pas toujours. Il arrive que l’enfant possède un tempérament si agressif, trop souffrant et de ces faits dépasse les capacités d’adaptation de la mère. Celle-ci est alors en difficulté de répondre aux besoins de sécurité de l’enfant. Il arrive que la mère soit dépressive, malade (problème physique majeur, psychose, schizophrénie), souffrant d’un problème de toxicomanie (drogue, alcool, etc.) soit un ensemble d’états psychologiques qui l’empêchent de répondre aux besoins de son enfant. Ce dernier établit alors divers modes de lien d’attachement. Il peut devenir (1) évitant, (2) opposant, (3) désorganisé :
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L’enfant se comporte en fuyant lorsque la mère s’approche et lorsqu’elle se distancie il devient collant, attire toute l’attention. Tant et si bien qu’il est difficile d’établir un lien.
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L’enfant devient opposant en confrontant continuellement sa mère. Il est
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désobéissant, brise ses jouets, provoque pour tout et rien. Il est difficile de répondre à ses besoins et à le sécuriser.
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Lorsque l’enfant est désorganisé, il n’établit pas de lien avec la mère. Il vit dans une terreur continuelle. On retrouve chez ses enfants l’ensemble des troubles du développement soit des problèmes d’agressivité, d’attention, d’hyperactivité, de psychose, etc.
Lorsque la Cour désire connaître le lien d’attachement entre le parent et l’enfant, elle demande au psychologue d’évaluer le mode du lien d’attachement. S’il arrive à la conclusion qu’il existe un lien désorganisé entre l’enfant et sa mère, cette dernière est en difficulté. Le DPJ aura tendance a favorisé un placement de l’enfant à majorité si le parent n’arrive pas à faire la preuve, dans un laps de temps assez court,de sa capacité à changer ses habiletés à établir un lien d’attachement sécurisant avec son enfant.
Il importe de comprendre à moment-ci de l’article qu’au Tribunal de la Jeunesse le Juge chercher toujours à déterminer s’il y a compromission dans le développement de l’enfant et qu’est que ce l’on doit faire pour assurer le meilleur développement de l’enfant ? On appelle cela la ‘’mesure’’ du dossier. Cette notion de mesure fait couler beaucoup d’encre depuis 4 ans parce que le DPJ a changé substantiellement ses politiques envers les parents en 2006. Il sépare les enfants des parents biologiques beaucoup plus rapidement. Ceci parce que l’approche du lien d’attachement indique que le développement de l’enfant a besoin dès sa naissance d’un lien d’attachement sécurisant pour se développer adéquatement. Il y a même des preuves que le développement du cerveau est influencé de par la nature du lien qui est établi entre la mère et l’enfant. Le DPJ exige donc que les parents réagissent rapidement sinon l’enfant est placé à long terme dans une famille d’accueil et les parents biologiques perdent le contact progressivement avec leur enfant.
Je limite cet article à la présentation du concept du lien d’attachement. Un prochain article sur les politiques du DPJ suivra sous peu. En attendant, réagissez à l’article. Donnez-moi vos impressions ? Posez-moi vos questions. Vos réactions m’aideront à rédiger le prochain article.